Corruption latente et marchés publics biaisés : Les failles honteuses dans le secteur de la santé

16 risques de corruption ont été répertoriés dans le secteur de la santé en Tunisie dont 9 sont considérés comme de « la grosse corruption », 6 qualifiés de « petite corruption » et un risque transversal celui du détournement, selon les résultats d’une étude rendus publics, lors d’une conférence de presse organisée à Tunis par les grandes écoles de la communication (GEC) et l’initiative de partenariat « Middle East Partenarship initiative » (MEPI).

Les plus importants risques recensés lors des 50 entretiens menés auprès de 30 professionnels et intervenants dans ce secteur et 20 focus groupe, au profit de l’enquête qui s’est étalée sur dix mois, sont en relation avec les appels d’offre biaisés et les cahiers de charges conçus sur mesure, l’activité privée complémentaire (APC) , la direction de la pharmacie et des médicaments et les conflits d’intérêt en relation, les équipements lourds et les dispositifs médicaux.

Des risques transversaux à savoir le détournement des malades du secteur public vers le secteur privé et d’autres liés aux services médicaux et prescriptions médicales, ainsi que des risques aggravant à l’instar de la faiblesse des organismes de contrôle, ont été, également, évoqués par Haythem Mekki et Sahbi Ben Nabila président de GEC qui ont mené cette étude qui s’inscrit dans le cadre du projet, « Take care of yourHealth » mené par GEC et MEPI.

La perception de la corruption dans ce secteur a permis de constater les failles du système de santé dont essentiellement l’impunité, faille la plus dénoncée, la gouvernance défaillante qui s’explique par la mauvaise gestion, le manque de transparence qui renvoie au manque d’information, l’instabilité politique, le clanisme, conséquence directe de la multitude des intérêts personnels qu’ils soient économiques ou politiques. Elle concerne, aussi, le manque de communication en relation avec l’écart entre les perceptions des professionnels de la santé et les réformes entreprises au sein du ministère de la santé.

L’étude dont les objectifs consistent à relever les perceptions réelles de la corruption, tracer les catégories de risques et définir les grandes lignes d’une nouvelle culture de lutte contre la corruption dans le secteur de la santé, a tenté de cerner la perception de la corruption par les professionnels de la santé afin de définir les risques de corruption, pour mieux lutter contre ce fléau.

Les pistes de solutions proposées par les intervenants s’articulent autour de la numérisation du système de santé, le renforcement du cadre législatif à savoir les lois de responsabilité médicale et celui de la promotion médicale, l’indépendance des organes de contrôle, la centralisation des achats de médicaments et le renforcement de la communication sur les réformes en cours.

L’étude a, également, porté sur le lancement d’un observatoire national de lutte contre la corruption dans le domaine de la santé visant à instaurer les mécanismes de la gouvernance dans ce secteur à savoir la transparence, la participation et la recevabilité

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