Attentat contre la Garde présidentielle: La Tunisie que le terrorisme islamiste déteste le plus

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L’attentat terroriste contre un bus de la Garde présidentielle a réveillé les Tunisiens sur une autre réalité, celle où on doit s’attendre tous les jours et en tous lieux à des méfaits de ceux qui ne cherchent qu’à semer la mort, la terreur et la désolation.

Cet attentat a donné une idée sur tout ce que peuvent faire des terroristes sans foi ni loi. Il a été, certes, condamné par pratiquement tous les pays et les institutions internationales, mais, pour la Tunisie, l’important est de se munir de tous les moyens permettant de venir à bout de ce fléau.

L’attentat terroriste, mardi 24 novembre, contre un bus de la garde présidentielle, au centre-ville de Tunis marquera à jamais la mémoire des Tunisiens patriotes qui ne comprennent pas comment des jeunes de notre pays arrivent à commettre de tels méfaits, sous les directives d’étrangers qui n’ont ni foi ni loi et qui ne veulent que du mal pour la Tunisie, pourtant un pays qui est l’ami de tous et qui ne veut que du bien pour les autres Etats arabes, surtout.

Cet attentat a fait 12 martyrs et une vingtaine de blessés, dont 4 civils, en plus d’un 13ème cadavre qui a été retrouvé à proximité du bus et qui a été identifié par la police technique, comme celui du kamikaze bien que le corps fut méconnaissable.

Les 12 martyrs de la garde présidentielle ont des noms et laissent des familles entières dans le deuil, ceux sont les sergents-chefs Omar Amri et Amor Khayati, le sergent Mohamed Ali Zaoui, l’adjudant Chokri Ben Amara, l’adjudant-chef Atef Hamrouni, le lieutenant Mohamed Hedi Tahri, les sous-lieutenants Maher Kebsi, Tarek Boussenna, Nejib Saadouni et Mohamed Salah Zouaoui, et les capitaines Mohamed Hajri et Jamel Abdejlil.

Ban Ki-moon condamne

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Dans un communiqué des Nations-Unies, Ban Ki-moon a présenté ses «condoléances aux familles des victimes ainsi qu’au peuple et au gouvernement tunisiens», de même qu’il a réitèré le soutien de l’organisation onusienne «au peuple tunisien dans sa lutte contre le terrorisme et son appui à la Tunisie, un pays qui cherche, dans la difficulté d’instaurer la démocratie.»

Pour sa part, le premier ministre français, Manuel Valls, a vivement dénoncé l’attaque terroriste. « Cela veut dire, a soutenu Valls, que la démocratie tunisienne est de nouveau attaquée. C’est la raison pour laquelle nous devons la défendre et comprendre que toutes les démocraties sont, aujourd’hui, la cible du terrorisme quel qu’il soit, notamment celui de l’organisation de l’Etat islamique (Daech) ».

Le premier ministre français a ajouté que « cet attentat est perpétré par les ennemis de la démocratie tunisienne qui se bat courageusement contre le terrorisme. Pourquoi on attaque la Tunisie ? C’est parce qu’elle est un exemple, un printemps arabe réussi grâce à sa jeunesse et à son peuple. C’est un contre-exemple que certains veulent abattre. Il faut soutenir cette démocratie qui fait face, avec beaucoup de courage, à plusieurs défis, en particulier le terrorisme », a-t-il affirmé.

Caïd Essebsi appelle à resserrer les rangs

Le président Caïd Essebsi appelle les Tunisiens à l’union contre le terrorisme et propose une solution à la crise de Nidaa Tounes.

Il a souligné, dans une allocution télévisée, diffusée dans la soirée du dimanche 29 novembre sur la Watanya 1 et toutes les chaînes de télévision et stations radios, publiques et privées, qu’avec le dernier attentat, à Tunis, «les terroristes ont voulu montrer qu’ils étaient capables de frapper le sommet de l’Etat tunisien», tout en ajoutant : «Nous dirons à ces terroristes qu’ils ne réussiront pas à détruire un Etat qui a 3.000 ans d’histoire et qui est fort de son armée, de sa garde nationale et de sa police, ainsi que de l’unité de son peuple et de sa détermination à lutter contre le terrorisme».

Caïd Essebsi a aussi, dans le même sens, invité l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) et l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica) à se mettre d’accord, le plus vite possible, sur les augmentations salariales dans le secteur privé, avant d’aller à Oslo, le 10 décembre prochain, pour recevoir le Prix Nobel de la Paix décerné au Quartet du Dialogue national, et à travers lui, à l’ensemble du peuple tunisien, qui a su assurer la réussite de sa transition démocratique par le dialogue et la recherche du consensus. Cette accord et nécessaire à la préservation de l’unité nationale et de la paix sociale, a-t-il souligné.

Par ailleurs, Caïd Essebsi a évoqué la crise au sein de Nidaa Tounes, le parti qu’il avait fondé en juin 2012 et qu’il a su porter au pouvoir deux ans plus tard. Tout en assurant qu’il ne s’est plus occupé des affaires de ce parti depuis qu’il a accédé à la présidence de la république et ce conformément à l’article 76 de la  constitution et en respect de la neutralité de ses fonctions, le président de la République a estimé que la crise de Nidaa Tounes est une affaire nationale, surtout qu’elle menace la stabilité politique du pays et donne une image très négative de la Tunisie auprès de ses partenaires internationaux.

Ne pas tomber dans le piège des terroristes

Pour sa part, le ministre de la Défense Nationale, Fahat Horchani, a accusé certains médias de tomber dans le piège des terroristes. Il a, notamment, pris l’exemple de l’affaire du jeune martyr Mabrouk Soltani, égorgé par les terroristes à Mghila, précisant que les forces armées étaient sur les lieux, contrairement à ce qui avait été relayé par les médias.

Le ministre a également évoqué la séquence diffusée au journal télévisé de la chaîne publique Wataneya1 montrant la tête coupée du défunt, tout en s’interrogeant si la personne ayant tourné cette séquence pouvait être un journaliste et s’il s’agissait d’une faute professionnelle ou d’un acte délibéré.

Le ministre a, en outre, précisé que le gouvernement tient au respect de la liberté de la presse tout en rappelant que la lutte contre le terrorisme exige une certaine retenue de la part des médias afin de ne pas tomber dans le piège des terroristes.

« La Tunisie que le terrorisme islamiste déteste le plus »

Pour le chroniqueur français Olivier Ravanello, il ne fait aucun doute que «c’est la Tunisie que le terrorisme islamiste déteste le plus.». Il s’était attaché à démontrer, sur iTélé (France) que les auteurs de ce crime (que ce soit «l’Etat islamique ou Al-Qaïda, qui est en train de renaître de ses cendres») ont voulu frapper la Tunisie «parce que c’est un pays musulman (…) où les femmes ont un rôle prépondérant au sein de la société tunisienne, certaines portent le voile et d’autres pas, mais tout le monde cohabite (…) ».

« Politiquement également, vous avez la même chose : des partis laïcs sont à présent au pouvoir, alors que d’autres islamistes…, qui sont aujourd’hui dans l’opposition, acceptent le jeu de la démocratie. (…) L’alternance du pouvoir existe en Tunisie. Il s’agit aussi d’une société pluraliste où la liberté de parole est parfaitement consacrée. C’est une société fondamentalement démocratique ».

Entre temps les campagnes sécuritaires se poursuivent pour éradiquer le phénomène terroriste et les services sécuritaires ont démantelé une cellule d’envoi de jeunes en Syrie, composée de deux professeurs et d’un ingénieur, à Bizerte. Leur arrestation a été effectuée à la suite d’une campagne sécuritaire menée, dimanche 29 novembre 2015 à Zarzouna, Bizerte et Menzel Jemil, indique Shemsfm.

En plus des dépôts d’armes et de munitions trouvés un peu partout dans le pays, les mêmes campagnes ont permis d’arrêter deux autres individus qui avaient célébré l’attentat terroriste de Tunis et les suspects ont reconnu les faits.

D’autres succès ont été enregistrés, au niveau sécuritaire, mais il faut arriver à éliminer ce mal à la racine et ne pas se limiter aux pettits exécutants.

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